Le 30 octobre dernier, la Ministre du logement et de la ville adressait une lettre au Président de l’Union Sociale pour l’Habitat (le mouvement HLM), dévoilant crûment quelques uns de ses objectifs. « (…) ma préoccupation absolue est d’accroître la mobilité au sein du parc HLM » écrit Mme Boutin. Cela pourrait prêter à sourire qu’une Ministre de la République, fusse-t-elle en charge du logement puisse ainsi afficher comme une absolue priorité de son action une problématique qui, somme toute, renvoie plutôt à la gestion du fameux « parc HLM ». Mais Mme Boutin en rajoute précisant : « c’est bien sûr une obligation de résultats que m’assignent le Président de la République et le Premier ministre» ; on reste confondu pas une telle ambition !
Mais le plus grave est dans les mesures elles-mêmes préconisées par Mme Boutin : «une combinaison équilibrée (…) entre durcissement des règles du surloyer, instauration de baux à durée limitée et basculement du droit au maintien dans les lieux à un droit au maintien dans le parc social» … Bref une «combinaison» entre discrimination, précarisation et autoritarisme pour organiser sciemment l’éviction de dizaines de familles du monde HLM, pour les offrir en pâture aux marchands. On regrettera qu’au dernier congrès HLM les dirigeants socialistes aient choisi d’entrouvrir eux-même la porte dans la quelle vient de s’engouffrer Mme Boutin en faisant adopter une résolution remettant en cause le droit au maintien dans le logement.
Quelques éclaircissements s’impose.
- « durcissement du surloyer » ? : Mme Boutin précise elle-même l’objectif : « que les locataires dont les ressources se situent au dessus du plafond PLI se voient appliquer un loyer sensiblement au niveau du marché (souligné par nous)».
- « instauration de baux à durée limité » ? : Mme la ministre rappelle sa proposition de « bail limité à 6 ans » et au bout de 6 ans, que devient le locataire ?
- « basculement du droit au maintien dans le logement à un droit au maintien dans le parc social » ? : outre que Mme Boutin écrit « s’être réjoui de la proposition de l’USH » précisons que cette « évolution n’est rien d’autre que la possibilité pour le bailleur de contraindre un locataire de quitter son appartement actuel pour lui en attribuer un autre pourvu que ce dernier soit qualifié de « social » mais à quel prix de loyer ?!
On n’en attendait pas moins d’une ministre qui a fait de la liquidation du patrimoine public HLM (vente de 40 000 logements par an !) son objectif central et du dogme du « tous propriétaire » sa pensée unique.
Est-il nécessaire de préciser ici que je combattrai en actes, et de toutes mes forces, avec toutes celles et tous ceux qui le souhaitent les prétentions destructrices de Mme la Ministre.
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